des nouvelles de Pela RENET

ARTICLE: La Presse de la Manche du 03/11/2017

Moto : la longue convalescence du Manchois Pierre-Alexandre Renet

Déjà deux mois et demi que « Pela » Renet s’est blessé sérieusement (épaule, cervicales…) au Chili. Le pilote haguais fait le point sur sa convalescence.

Que dire de cette grosse chute et de ses conséquences ?

Déjà, que je reviens de très loin et, qu’avec un peu de recul maintenant, je peux dire que le plus difficile est derrière moi. Quant aux conséquences, elles ne sont pas sans importance, mais je voudrais avant tout souligner l’excellent travail réalisé par les chirurgiens et médecins au Chili, un travail salué par les médecins Francais à mon retour. Et si l’épaule « broyée » (humérus cassé en quatre morceaux) ayant nécessité la pose d’un nombre important de vis est un gros handicap, c’est plus du côté des cervicales que la situation était délicate, et particulièrement du côté de la C2, qui présentait un risque de non-irrigation et un risque neurologique, mais heureusement il n’en est rien. Une surveillance accrue a été maintenue.

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Quels sont les souvenirs de cette chute, et quelle en est pour toi la cause ?

Je ne me souviens absolument pas de la chute, j’ai une absence de quatre à cinq minutes, et c’est seulement après quand je me suis vu par terre que j’ai pris conscience que je venais de chuter. Une chute occasionnée par une erreur de roadbook dont le signalement du danger (un gros trou) était décalé de 800m, et certains des pilotes qui me précédaient se sont fait aussi de grosses frayeurs… Ce sont des anomalies qui n’existent pas sur des rallyes un peu plus professionnels comme le Dakar.

Que se passe-t-il à ce moment-là ?

L’organisation est prévenue assez rapidement, et ce grâce au dispositif de verticalité qui équipe toutes les motos. Cela permet de détecter assez rapidement une moto couchée et d’envoyer un signal qui en l’absence de réponse déclenche le processus d’intervention.

Difficile de me projeter sur la suite de ma carrière

As-tu souffert ?

Pas trop finalement, j’ai rapidement été mis sous calmants avant d’être plongé par la suite dans un léger coma pour faciliter les premières opérations qui ont commencé deux jours plus tard.

Pierre-Alexandre Renet se remet doucement, chez lui, à Réthoville. @ Christian HAMEL

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Quels ont été les moments les plus difficiles et dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui ?

Le plus difficile, ce fut bien sûr toute la partie au Chili où j’avais malgré tout de grosses inquiétudes quant à la gravité de mes blessures. Je me suis posé beaucoup de questions et j’ai eu la chance d’avoir très vite près de moi Johanna, ma compagne, ainsi que mon fidèle mécano Louis qui à tenu à rester. Aujourd’hui je relativise. Je suis là, j’ai une vie presque normale en dehors du fait que je porte un collier cervical, que je suis toujours sous anticoagulant, et que je ne peux pas me déplacer encore normalement en voiture, cela m’est fortement déconseillée. Je ne l’utilise que pour des quelques déplacements courts chez la kiné et autres examens proches de la maison. Je m’efforce aussi de marcher un peu chaque jour. Les choses évoluent dans le bon sens et tout à fait normalement, tout n’est plus maintenant qu’une question de patience.

As-tu des regrets suite à la réorientation de ta carrière enduro vers le rallye-raid, et comment vois-tu la suite ?

Aucun regret, même si je suis amené à réfléchir. Le rallye-raid et le Dakar, j’en ai toujours rêvé, alors que le mondial d’enduro sous sa forme actuelle et les évolutions en cours me font dire que j’ai fait le bon choix. Concernant la suite de ma carrière, il m’est encore bien difficile de répondre. Tout va dépendre de mon niveau de récupération sachant que je risque d’être embêté par mon épaule. Honnêtement, à ce jour, je ne peux pas me projeter sur l’avenir. Mais l’envie est toujours là et je voudrais en profiter pour remercier chaleureusement Husqvarna qui a été d’un gros soutien et dont je sais que, quelle que soit ma décision finale, ils ne me laisseront pas tomber.

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