Vrasville

L'Église de Vrasville

Cette église est sous le vocable de la Sainte Vierge et de Saint Martin. Elle serait du XIIème ou XIIIème siècle. Très basse et éclairée par de petites fenêtres en forme de meurtrières, elle se limitait à l’emplacement de la nef actuelle; ce qui se distingue très nettement à l’extérieur en regardant les pierres d’angle situées des deux côtés au milieu de l’édifice.

Quand le chœur a-t-il été construit ? Nous n’avons aucun renseignement à ce sujet. Cet ensemble – nef et chœur – vu de l’extérieur, comporte, au nord, quatre fenêtres étroites plus une qui a été bouchée. L’ n distingue aussi l’encadrement d’une autre fenêtre en pierre calcaire et placée au niveau du sol.

Au sud se trouvent 5 fenêtres semblables à celles du nord et une petite à lancette. L’on distingue également une embrasure de porte au niveau du chœur. La sacristie a été construite vers 1868. Ses deux fenêtres sont ogivales.

À la Révolution, le mobilier de l’église fut vendu au plus offrant, maître autel, petit autel, confessionnal, fonts baptismaux, croix du cimetière, coq sur l’église, le tout produisant 85 livres 17 sous 6 deniers. L’église n’avait qu’un campanile pour cloche.

C’est en 1904 que, par une reprise de maçonnerie faite dans le pignon du portail, avec l’adjonction d’une forte muraille, qu’il fut possible d’y asseoir un petit clocher en bois avec au-dessous une niche où siège une statue de la Sainte Vierge.

 Vers 1890 s’effectuèrent quelques restaurations; mais là encore, les informations font défauts.

L’intérieur de l’édifice est sobre. Une arcade plein cintre sépare la nef du chœur. La chaire est très belle, l’embrasure des fenêtres se trouve agrémentée d’un boudin et les fenêtres sont garnies de vitraux en verre éclaté. Les enduits intérieurs sont des années 1960. Les bancs du chœur sont bien conservés. Le maître autel et son retable attirent l’attention. Restaurés en 1980, ils forment un ensemble harmonieux avec les deux colonnes ioniques encadrant une niche centrale dans laquelle est placée la statue du Sacré-Cœur. De chaque côté se trouvent les statues de Saint Sébastien à gauche (retrouvée sous l’autel) et celle de Notre Dame, à droite. Le retable peint en faux marbre et doré sous badigeon, du XIXème siècle, a été restauré récemment.

En plus des statues citées ci-dessus, l’on peut admirer les statues de Saint Joseph, la Sainte Vierge, Sainte Thérèse de Lisieux, Saint Sébastien, Sainte Catherine et Sainte Marie Madeleine Postel.

Sur la cloche figurent les inscriptions suivantes :
« Nommée Colette, Jeanne, Mélanie, Louise                  
Parrain : Jean Cadel. Marraine : Mélanie Lamache
Je sonne à la gloire de Dieu et de Notre Dame
Et pour partager les joies et les peines des
Paroissiens qui m’ont généreusement offerte                                                         .
J’ai été bénite par Mgr Jacques FIHEY en la fête de St Sébastien le 20 janvier 1991
L’Abbé Gosselin étant curé
Joseph Lemasle étant maire délégué » .

La motte féodale

À Vrasville, derrière l’église, subsiste une motte féodale qui intéressa pour la première fois les archéologues en 1823.

Dans les « Mémoires de la société nationale académique de Cherbourg » datant de 1879, on retrouve cette description rapide de la motte féodale de Vrasville: « j’ai signalé le monument trouvé à Vrasville, un grand tertre, une motte, où on a découvert une sépulture sur laquelle les antiquaires ne sont pas d’accord ». La Motte de Vrasville serait l ’emplacement d’un vieux château, dont les pierres auraient servi à bâtir les maisons voisines.

Elle se situe aujourd’hui sur un terrain privé dans un champ appelé « le clos à bœuf  » où on a découvert en 1823 plusieurs pièces mérovingiennes en or et en argent. À peu près à la même époque, en nivelant un tertre près de l’église on mit à nu un petit caveau tumulaire en maçonnerie du XIIe siècle.

La motte féodale

« Il semblerait que cette organisation défensive ait vu le jour à la fin du Xème siècle, entre la Loire et le Rhin. Vraisemblablement, elle a pour objectif de mieux répondre aux raids ponctuels des Sarrasins. Puis elle se diffuse rapidement pendant 2 siècles pour mieux résister aux invasions normandes.  »  Elles permettaient non seulement de voir de loin mais également de mieux tenir la position lors d’attaques en attendant d’éventuels renforts.

Ces mottes étaient une sorte de cônes aux flancs pentus donc l‘inclinaison est plus ou moins de 30° en moyenne. La hauteur se trouvait environ entre 4 et 15 mètres. Elles servaient uniquement à se défendre grâce à des palissades en bois:

 » Une motte de terre surmontée d’une construction en bois. […]. Souvent artificielle, la motte féodale est constituée de la terre tirée du fossé circulaire qui l’entoure. Le fossé, parfois en eau, peut être bordé par un remblai de quelques mètres de haut, surmonté d’une palissade en bois qui délimite la « basse-cour ». La motte est surmontée d’une tour en bois, de plan rectangulaire, haute de plusieurs étages. C’est elle qui assure la surveillance mais son rôle défensif peut être renforcé par une palissade propre qui circonscrit la « haute cour ». Très vite, la possession d’une motte devenant un privilège et un symbole de puissance, le seigneur va loger au donjon et se détacher du commun. L’étage sert alors de demeure, et n’est accessible que par une passerelle mobile. C’est ainsi qu’on donne au donjon, simple tour de guet, une symbolique sociale nouvelle mais surtout un usage différent. Il n’est plus simple tour de guet mais aussi un lieu d’habitation.